Thomas Guénolé : Oui, il y a bien un « Mélenchon-bashing » médiatique

Thomas Guénolé publie aujourd'hui dans Marianne, à 4 jours du premier tour des élections législatives, une tribune intitulée « Oui, il y a bien un "Mélenchon-bashing" médiatique ». L'article complet est accessible gratuitement sur le site de l'hebdomadaire.

Pour appuyer sa thèse, le politologue se base sur une étude quantitative de la tonalité des médias, en comparant le taux de contenu négatif sur Jean-Luc Mélenchon et sur Emmanuel Macron. En particulier il avance que :

« Il apparaît ainsi que durant le mois de mai 2017, 40.1% des contenus médias consacrés à Jean-Luc Mélenchon et à la France insoumise étaient à tonalité négative. À titre de comparaison, sur la même période, seulement 24.8% de ceux consacrés à Emmanuel Macron et à En Marche l’étaient. »

Et ce n'est pas tout :

« du 26 mai au 1er juin, Emmanuel Macron demeure stable avec 28.3% de contenus médias négatifs, tandis que Jean-Luc Mélenchon subit un taux qui grimpe à 65,1%. »

Pour l'OPIAM, tout cela n'a rien d'une révélation, mais cela pourrait en être une pour les journalistes de Libération, fact-checkeurs auto fact-checkés de l'«honneur la profession», qui jugent que notre travail relève du « procès d'intention » (c'est vrai que confondre "intox" et "erreur" ne relève pas du procès d'intention) et de la « parano ». À moins que les chiffres soient eux aussi atteints de trouble paranoïaque ?

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L'article montre également que la négativité des commentaires au sujet de Jean-Luc Mélenchon augmente systématiquement à l'approche des scrutins, confirmant ainsi le rôle politique des médias. Ce n'est d'ailleurs pas le cas qu'en France : toute figure jugée trop à gauche est une cible du Parti Médiatique national. Ainsi, Paul Rimbert écrit à propos de Jérémy Corbyn, leader du parti travailliste au Royaume-Uni,, dans Le Monde Diplomatique :

« Le Daily Telegraph l’a traité de « morveux » (16 septembre 2015) ; le journal du soir de la BBC l’a assimilé à un camion-poubelle en route vers la décharge des « losers ». [...] Le Sun l’a qualifié de « marxiste abruti », affublé en « une » d’un bonnet à clochettes et accusé de soutenir « les tarés djihadistes à longue barbe impatients de détruire l’Occident » (30 et 9 septembre 2015). Les plus fins limiers du Royaume-Uni ont révélé que l’individu se déplaçait sur une « bicyclette de style maoïste » (The Times, 14 septembre 2015) et qu’il aurait « salué la perspective qu’un astéroïde “anéantisse” l’humanité » (MailOnline, 12 août 2015) »

Et le rédacteur en chef-adjoint du mensuel de citer des études quantitatives analogues à celle utilisée par Thomas Guénolé :

« [...] la Media Reform Coalition [...] a passé au peigne fin 494 articles publiés au cours de la semaine qui a suivi l’élection de M. Corbyn à la tête de son parti, le 12 septembre 2015. Conclusion : 60 % étaient négatifs, 13 % favorables (1). En juillet 2016, le département médias et communication de la London School of Economics clarifie encore le paysage en analysant 812 articles publiés entre le 1er septembre et le 1er novembre 2015 par les principaux quotidiens (2). L’enquête conclut à un « processus de dénigrement qui outrepasse largement les limites normales du débat démocratique ». Les propos de M. Corbyn sont sous-représentés et les sources citées, majoritairement hostiles »
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Une du tabloïd "The Sun" le 8 juin 2017, jour d'élection nationale majeure au Royaume-Uni. « Ne jetez pas la Grande-Bretagne dans la Cor-bin », jeu de mot avec « Corbyn » et « bin » qui signifie « poubelle ».

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